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Carine Daenens

Infirmière, chargée de cours

  • MSF Belgique
  • 1090 Bruxelles

"L'humanitaire, c'est un choix de vie"

Une cheftaine guide qui part en Inde comme infirmière, et les rêves de Carine se dessinent. Après huit années en hôpital, elle part au Rwanda, en Angola, au Kenya, au Congo, au Kosovo. Aujourd'hui, elle donne cours au siège de MSF. Portrait humaniste.


Parcours  

" A 17 ans, je n'avais aucune idée. J'ai entamé une année en traduction et interprétation à l'ISTI. Ce ne fut pas une grande réussite. Une de mes cheftaines guides était partie en Inde comme infirmière. Moi aussi, j'avais envie de partir, un jour. Alors, j'ai fait des études d'infirmières, que j'ai complétées par des cours d'anglais et d'espagnol ainsi qu'un brevet en aide médicale d'urgence ". Carine Daenens travaille pendant un an à l'hôpital Saint-Luc, puis elle émigre en Suisse, après avoir étudié la médecine tropicale à Anvers, durant cinq mois, toujours dans le but de partir avec une organisation humanitaire. Après sept années comme infirmière hospitalière, en Suisse et à Saint-Luc, elle décide de partir pour Médecins Sans Frontières. " En 1995, je suis partie au Rwanda, juste après le génocide. Durant les six mois qu'a duré ma mission, j'étais responsable de six centres de santé et de la gestion de la pharmacie pour 6 dispensaires et l'hôpital central. Je devais les approvisionner en médicaments, superviser les activités (vaccination, consultations, consultations prénatales, stérilisation, techniques de pansements, approvisionnement en matériel médical, etc.). Une expérience très riche. De retour en Belgique, il m'a fallu quelques mois avant de repartir en mission. Je suis retournée en Suisse ". Ensuite, Carine repart en Angola durant 9 mois comme infirmière dans un programme relatif à la maladie du sommeil, puis comme responsable d'un centre de santé et d'un centre nutritionnel. Au retour, elle travaille à Paris pendant huit mois. Elle repart alors au Kenya. " Puis les missions se sont enchaînées. Au sud Soudan, en 1998, pendant la grande famine, puis au Congo, au Kosovo, avec un mois ou deux de break entre les missions. De retour du Kosovo, j'ai eu envie de travailler pour MSF tout en faisant un break sur les grosses urgences de terrain. J'ai donc travaillé au siège, sur divers événements (la crise au Timor, etc.) ".

Métier  

" Depuis 4 ans, je suis assistante de formation, chargée de cours dans le cadre des formations du personnel qui part sur le terrain. (formation PPD pour 'préparation premier départ'). On y explique nos limites, nos dilemmes, nos outils, comment on travaille... Nous assurons également des formations aux personnes qui repartent. Les gens partent sur le terrain, avec des orientations différentes (sociale, anthropologique, etc.). J'apprécie énormément le contact avec les gens. Le fait qu'on travaille avec des professionnels venant d'univers et de formations différentes. 50% des gens ne sont ni infirmiers, ni médecins. On travaille aussi avec des cultures différentes (Afrique, Asie, Amérique latine, pays nordiques, etc.) On a beaucoup de liberté d'action, beaucoup d'initiative. C'est riche, motivant, varié. C'est toujours différent. Evidemment, le terrain manque un peu quand on est au siège. On aime reprendre le contact avec lui, même si, sur place, ce n'est pas toujours facile. J'ai toujours travaillé dans des coins retirés, loin de mes amis, de ma famille. Mais en sachant exactement pourquoi j'étais là. On n'a pas le temps de s'ennuyer. Même si on retrouve la routine sur le terrain. Sous une autre forme.

Message  

" Pour postuler chez nous, il faut avoir un diplôme d'études supérieures. Il faut être infirmière A1, par exemple, pas A2 ! Je suis heureuse d'avoir eu une expérience professionnelle avant d'entrer chez MSF. Elle est utile. Il y a un intérêt personnel à travailler dans une organisation humanitaire, mais il faut en accepter les règles du jeu : il y a des contraintes quand on part. On ne peut pas communiquer (ni GSM, ni Internet), il y a des règles de sécurité. C'est un choix de vie, ni une vocation, ni un sacrifice, qu'on peut faire par intermittence. On est là pour des populations. C'est l'objectif principal. Idéal pour une infirmière ou un chirurgien ".

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