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Quicke Michel

Accompagnateur de train

  • SNCB
  • 1060 Bruxelles

"Carpe Diem : un choix de vie doit être guidé par le plaisir !"

Il a 17 ans, le goût de l'aventure et est idéaliste. Son rêve : être convoyeur sur un bateau. Son père le ramène quelque peu à la réalité et le sermonne : un diplôme d'abord... Il obtiendra un graduat en comptabilité. Les étapes se succèdent, 10 ans dans le secteur bancaire, pour travailler ensuite chez Belgacom, et pour finalement se poser la question à 45 ans : suis-je heureux? Il plaque son boulot et va postuler à la SNCB pour devenir accompagnateur de train.

Parcours  

" A la fin de mes études secondaire, j'étais assez idéaliste. L'aventure, la liberté et l'envie de changer le monde m'attiraient plus que l'idée d'une carrière professionnelle. Après une longue discussion avec mon père, je décidais de rentrer dans la vie professionnelle. Mon choix sera alors marqué par 3 éléments marquants : premièrement, l'envie d'améliorer le monde au quotidien, deuxièmement, le refus d'une carrière basée sur l'argent et le pouvoir, et troisièmement, dix années d'animation en mouvement de jeunesse très enrichissantes. Je décide de devenir professeur d'économie. Les études ne répondant pas à mon envie d'enseigner, je m'oriente vers la comptabilité : je suis gradué deux ans plus tard. C'est alors que je rencontre celle qui deviendra ma femme : plus de projet de départ, à l'époque. Le Crédit lyonnais m'offre mon premier job. Je devais rester un an, j'y resterai dix années. Cette période est jalonnée d'enthousiasme, de challenges, de défis. J'occupe successivement les postes de chef de section, chef de département, gestionnaire de clientèle... Lors de la fusion entre le Crédit lyonnais et la Chase Handelsbank, je décide de quitter la boîte. Après une année sabbatique, je suis engagé chez BBC, une filiale de Belgacom qui décide de se réapproprier le marché des annuaires téléphoniques. Période fabuleuse, extrêmement enthousiasmante, riche de contacts humains forts, de victoires et de déceptions, elle sera aussi pour moi une reconnaissance de ma valeur de vendeur. Account manager, meilleur vendeur à plusieurs reprises, mon salaire est plus que confortable. La journée de travail frise régulièrement les 12 à 14 heures de boulot. Tout ceci est accepté avec plaisir parce qu'aucune pression n'est exercée et que la confiance est de règle. Malgré les bons chiffres de ventes, la rentabilité n'est pas au rendez-vous. L'ambiance change, la pression est de plus en plus importante, la confiance disparaît. Je décide de quitter BBC et de passer à la maison mère : BELGACOM. La société veut mettre sur pied un service commercial digne de ce nom en considérant ses utilisateurs non plus comme des abonnés mais bien comme des clients. Incorporé comme " senior sales " à la division Business, je gère un portefeuille de 300 millions de francs belges. Bonne ambiance, climat de travail agréable et secteur à la pointe de la technologie. Je suis nommé ensuite comme " District Manager " mais cette nouvelle fonction sera redéfinie quelques mois plus tard par un management commercial repris, au sein de Belgacom, par des américains. L'histoire se répète : objectifs impossibles à atteindre, pression extrêmement forte, climat de crainte continuelle, charge de travail énorme... mais gros salaire. A nouveau je remets en question mes choix et me demande si je suis heureux dans cette situation, si je m'y épanouis ? La réponse est NON. Je décide de prendre mon destin en main et de le changer radicalement. Je postule à la SNCB, y passe l'entretien d'embauche le plus difficile de ma carrière. Refusé la première fois, je réexplique mes motivations afin de convaincre un jury incrédule. Je crois que l'argent est futile. Un minimum doit permettre de vivre confortablement, pour le reste... La vraie richesse n'est pas l'argent c'est le temps !

Métier  

" Le rôle d'un accompagnateur de train est centré sur 3 fonctions : la sécurité du train et des voyageurs, l'accueil et l'information à la clientèle, le contrôle des titres de transport. J'apprécie différents aspects de mon métier. Premièrement, la variété : travaillant au dépôt de Bruxelles midi, mon travail est très diversifié. Chaque jour est différent, nous roulons sur tous les types de matériel et dans toutes les régions du pays. Ensuite, j'apprécie particulièrement la communication avec les clients. Si certaines situations demandent une bonne dose de psychologie, la majorité des contacts sont positifs et décontractés. J'aime aussi la liberté que me procure mon emploi : les accompagnateurs sont les seuls maîtres à bord. De plus le fait de travailler le matin, ce qui implique la contrainte de se lever à 2 et 3 heures du matin, me permet de faire d'autre chose durant l'après midi. Et finalement, grâce à la sécurité d'emploi, le stress et la pression sont pour moi des notions du passé. Il existe bien sûr des cotés déplaisants qui sont principalement le manque de respect (je suis parfois confronté à des situations limites) et le décalage horaire qui demande une discipline stricte.

Message  

" Je ne crois pas à l'argent comme valeur suprême car au bout du compte on a l'argent mais pas le temps d'en profiter. Ma devise est "'Carpe Diem'. Un choix de vie doit être guidé par le plaisir que l'on aura dans son futur travail. C'est ce qui m'a toujours guidé jusqu'à présent ".

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